Gabon : le gouvernement détaille ses priorités et assume ses choix lors de sa première conférence de presse

Le gouvernement gabonais a levé le voile sur ses premières actions et ses ambitions, mercredi 1er avril 2026, à l’occasion d’une conférence de presse animée par son porte-parole, le Pr Charles Edgar Mombo. Un exercice inédit depuis l’installation de l’équipe en janvier, qui marque une volonté affirmée de structurer la communication de l’exécutif tout en rendant compte de son action.
Face aux médias, et entouré de plusieurs membres du gouvernement, le porte-parole a présenté un premier bilan des mesures engagées depuis la mise en place de l’équipe gouvernementale le 5 janvier dernier. Il a expliqué que l’absence de prise de parole globale jusque-là s’inscrivait dans une stratégie privilégiant des interventions sectorielles, notamment à travers l’émission « Gouv Actu » et les sorties médiatiques des ministres. Une méthode alignée, selon lui, sur les orientations fixées par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Au cœur du discours, une ligne directrice : mettre fin aux approches dispersées pour imposer une action publique coordonnée. Le Programme national de croissance et de développement (PNCD) est présenté comme le socle unique de toutes les politiques publiques. « Il n’y a plus de trajectoires isolées », a insisté le porte-parole, évoquant une rupture avec les pratiques antérieures. Dans cette logique, chaque ministère est désormais soumis à une feuille de route sur 100 jours, assortie d’objectifs précis et d’exigences de résultats.
Sur le terrain des réformes, l’exécutif met en avant plusieurs chantiers jugés structurants. Dans les transports, un dispositif national de recherche et de sauvetage aérien a été lancé pour renforcer la sécurité. Parallèlement, la numérisation du permis de conduire vise à sécuriser les procédures et à limiter les fraudes.
Le foncier constitue également un axe majeur, avec une réforme centrée sur la sécurisation des titres de propriété, désormais adossés à une décision judiciaire. La mise en place annoncée d’un guichet unique doit accélérer la délivrance des titres et réduire les lourdeurs administratives, avec un objectif affiché de production massive à court terme.
La transformation numérique de l’administration s’accompagne de nouveaux cadres réglementaires. Archivage électronique, paiements digitaux, encadrement des réseaux sociaux : autant de mesures qui traduisent la volonté de moderniser l’action publique et de renforcer la transparence.
Sur le plan économique, le gouvernement met en avant des décisions à portée sociale, notamment le plafonnement des rémunérations dans le secteur parapublic. Les échanges en cours avec le Fonds monétaire international sont également présentés comme un signal de crédibilité et de rigueur budgétaire.
Sur le front social, l’exécutif reconnaît un début d’année marqué par des tensions. Il affirme avoir privilégié le dialogue avec les partenaires sociaux, tout en prenant des mesures concrètes, parmi lesquelles la régularisation progressive des agents publics et le paiement de près de 20 milliards FCFA de bourses.
Enfin, les autorités assurent avoir réagi face aux urgences, notamment lors des inondations ou pour l’assistance aux ressortissants gabonais en difficulté à l’étranger, traduisant une volonté d’action de proximité.
Au total, plus de 25 textes législatifs et réglementaires auraient été adoptés en deux mois. Un rythme que le gouvernement présente comme le signe d’une dynamique de transformation rapide.
À travers cette première prise de parole d’ensemble, l’exécutif cherche à installer un cap : celui d’un État plus structuré, plus réactif et résolument tourné vers les résultats, avec l’ambition de répondre concrètement aux attentes des citoyens.



